Quand l’IA parle le langage de l’Amour

Date :
13 Févr. 2024
Rédacteur :
Maryse BIZOUARN
Partager sur :

Alain McKenna - Ledevoir.com - 13 février 2024

Depuis la mise en ligne de ChatGPT, on a vu émerger plusieurs applications qui se présentent comme une petite amie ou un petit ami virtuel.

Ce texte est tiré du Courrier de l’économie.

En affaires, on dit, mi-blagueur, mi-sérieux (et souvent dans des termes un peu plus crus…), que quand l’industrie de l’amour adopte une nouvelle technologie, c’est le signe de son succès grand public à venir. Alors quand on a vu, à la suite du lancement par OpenAI d’une boutique d’applications d’IA créées par des tiers à partir de son modèle de langage GPT, que les « âmes soeurs virtuelles » y étaient les applis les plus téléchargées, et de loin, on a su que l’IA générative était là pour de bon.

Mais ce phénomène est en réalité un peu plus étrange qu’une simple évolution des plateformes qui distribuent du contenu olé olé. Car depuis la mise en ligne de ChatGPT, on a vu émerger plusieurs applications qui se présentent carrément comme une petite amie ou un petit ami virtuel pour personnes esseulées, et ces dernières se ruent sur ces avatars numériques comme s’il n’y avait pas de lendemain.


On a même déjà trouvé un nom pour ces gens qui préfèrent passer leurs temps libres à clavarder avec un agent virtuel à caractère intime : les botsexuels.

Il faut dire que ces applications d’IA ont tout pour elles : non seulement elles parlent le langage de l’amour, mais elles peuvent aussi exprimer des émotions vraiment très près d’être véridiques dans plusieurs langues, de façon tout à fait naturelle. De quoi séduire, au propre comme au figuré, des célibataires de longue date qui sont habitués à converser par écrit sur leur service de rencontre préféré… et qui sont las de toujours piger le mauvais numéro.


Séduire à l’ère de l’IA

Ceux qui ne sont pas séduits peuvent quand même utiliser l’IA comme conseillère pour trouver le grand amour, quitte à automatiser les premières étapes, un peu répétitives, de leurs rendez-vous amoureux.

C’est de cette façon qu’un jeune programmeur russe appelé Aleksandr Jadan a réussi à trouver sa future épouse : il a mis en contact sa propre version de ChatGPT avec 5000 utilisatrices du service de rencontre Tinder, et après quelques échanges automatisés, ChatGPT lui a présenté la perle rare.

Évidemment, il a su qu’elle était la bonne quand la jeune femme a simplement haussé les épaules en apprenant que tout ce temps-là, elle échangeait avec une IA plutôt qu’avec un véritable humain… D’autres auraient sans doute pris la poudre d’escampette sur-le-champ.

De toute façon, les utilisateurs des services de rencontre devront s’y faire : l’IA est appelée à jouer un rôle de plus en plus important dans la quête de la douce moitié. Par exemple, l’application Bumble utilise l’IA depuis 2019 pour repérer les fausses photos de profil et les faux comptes. Ses responsables assurent que ça marche 95 % du temps.

Match Group, l’entreprise qui possède Tinder, Hinge, Match, OkCupid et une douzaine d’autres services de rencontre en ligne, a pour sa part créé l’automne dernier une nouvelle division spécialisée en IA.

Chez Match, on pense que l’IA peut aider les gens à choisir la photo de profil et à rédiger la description qui auront les meilleures chances d’attirer les regards plus ou moins languissants. On prédit aussi qu’elle aidera à prévenir la rencontre sur ces services de personnes qui ont trop peu d’atomes crochus afin de leur éviter une dépense d’énergie inutile.

Si la technologie est de plus en plus utilisée en amour et dans l’intimité, tout indique que le hasard le plus pur, lui, n’a jamais eu si mauvaise réputation. Ne dit-on pas, pourtant, que le véritable amour est comme un papillon, et qu’à trop le chasser, on finit par le faire fuir ?

On saura bien assez tôt si l’IA est apte à jouer les entremetteurs en série. Match Group promet que ses nouveaux services automatisés seront activés au plus tard cet été.

On aura peut-être aussi une réponse à cette question que personne ne s’est jamais vraiment posée : et si Cupidon était un robot ?

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